Inauguration d’une rame de tramway par Jean-François SOULARD

Retrouvez ci-dessous l’extrait de l’article du Maine Libre, datant du 4 mars 2018, qui consacré à l’inauguration de la rame Carel et Fouché en présence de Jean-François SOULARD, Président de la SETRAM.

2018_03_05_Inauguration rame Carel Fouché

Et ci-dessous l’extrait du Ouest France du 5 mars 2018

2018_03_05_OF_Carel Fouché

Retrouvez également l’intégralité de son discours prononcé lors de cette inauguration :

Allocution de Jean-François Soulard lors du baptême
de la rame 1023 au nom de « Carel Fouché »
le 3 mars 2018.

Monsieur le Maire, Président de Le Mans Métropole,
Madame la Sénatrice,
Madame la Députée
Madame la Conseillère Départementale,
Mesdames et Messieurs les élu(e)s,
Mesdames et Messieurs les membres de l’association « Carel Fouché »,

Mesdames, Messieurs.

Permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter la bienvenue dans ce centre de maintenance tramways des Hunaudières.

Ici sont entretenues, tant en maintenance préventive que curative, nos 34 rames de tramway. Se trouve également dans ces lieux le poste de régulation des bus et des tramways. Il est donc pour cela ouvert 24 heures sur 24.

Entre 1h30, heure de rentrée de la dernière rame et 4h57, heure de départ de la 1ère, nos 34 rames résident dans ces lieux, bien au chaud pour certaines.

Nous sommes ici réunis pour baptiser une rame, la numéro 1023 du nom d’une entreprise qui est chère pour beaucoup d’entre vous.

Carel Fouché, nom de cette grande entreprise de construction ferroviaire raisonne encore dans nos têtes et dans nos cœurs.

La famille Carel, originaire de Beaumont Pied de Bœuf, fut à l’origine de l’entreprise et Jules le fils en fut le créateur. En 1880, c’est la création officielle de l’entreprise Carel Fouché.

En 1882, Ernest Fouché, neveu de Jules, député, maire de Saint-Saturnin, prend la direction de l’entreprise qu’il va développer.

Je suis assez heureux et fier d’avoir proposé à Monsieur le Maire de baptiser une rame du nom de cette entreprise disparue en décembre 1987, il y a donc 30 ans.

Nous avions des contacts avec l’association et je connaissais le souhait qu’une de nos rames porte ce nom.

C’est à l’occasion du conseil municipal du 28 septembre 2017 que, profitant d’une délibération octroyant une subvention à l’association, j’ai fait cette proposition.
Monsieur le Maire n’a pas dit non, mais m’a demandé de lui indiquer le nom d’une rame à débaptiser.

Je lui ai proposé « Cénomane » qui, comme chacun sait, est la femme du Cénomans arguant qu’avec Plantagenet et Bérengère, l’histoire de notre cité était conservée.

Monsieur le Maire a accepté ma proposition et, depuis, Carel Fouché parcourt notre ville.

Revenons sur cette usine.

J’ai eu la chance de travailler avec ses salariés. En effet, jeune agent de conduite, élève conducteur, nous étions mis à disposition du constructeur pour des essais en ligne ou à l’usine, d’automotrices « Z 2 » Z 7200 7300 pour les puristes.

Souvent des allers-retours Le Mans Chartres à différentes vitesses, il fallait roder, régler l’accélération, le freinage, le JH.

On commençait dans la matinée mais on rentrait toujours avant la fermeture du café restaurant « Le Rail » boulevard de la petite vitesse!!!

Je me souviens encore de quelques têtes :

– Bob, le cadre de la direction du matériel qui venait tous les matins de Versailles,
– Laurent, le chef-mec du dépôt du Mans

et bien sûr les techniciens de chez Carel.

Parfois, nous réalisions de nuit, des contrôles du chauffage avec des sondes installées partout dans la rame pour surveiller la température.

Ce temps est révolu.

Cette entreprise, fleuron de l’industrie ferroviaire n’est plus. En ses lieux et places a été construit le lycée Marguerite Yourcenar.

Cette entreprise faisait perdurer la présence du rail dans notre cité qui lui doit tant.

Autre moment prouvant la solidarité, c’est « Carel Fouché » qui accueillera, au sortir de la guerre en 1945, la réparation des matériels SNCF du fait de la destruction des installations dans le quartier du Maroc.

C’est bien le chemin de fer qui a fait du Mans ce qu’il est devenu. Grace à un homme hélas peu connu, même si une rame, la numéro 1018 porte son nom.

Ariste Jacques Trouvé-Chauvel a œuvré pour que la ville du Mans, en concurrence avec Alençon, soit choisie pour le passage du train vers le grand ouest en 1854.

Né à La Suze, il s’installera au Mans et est d’abord conseiller municipal en 1834, et Maire du Mans en 1840.

En 1848, il est élu Député dans le « parti républicain modéré ».

Il sera Préfet de police de Paris, Préfet de la Seine et Ministre des finances du gouvernement Cavaignac (autre rue du Mans).

Le Mans doit beaucoup au rail, mais hélas l’industrie ferroviaire s’est détachée de notre ville.

Autre lieu historique, les ateliers de réparation du matériel n’existent plus ou très peu. Les emplois de cheminots ont eux aussi quitté notre cité. Et c’est maintenant aux petites lignes qui font le service public, qu’on s’attaque. Triste réalité qu’il nous faut combattre.

Je terminerai par saluer l’association des victimes de l’amiante et mon ami et Camarade Jean-Pierre Prigent. Car en effet, l’amiante, cette saloperie, présente dans tous les matériels ferroviaires, a fait et fait toujours beaucoup de mal à de nombreux salariés de chez Carel Fouché.

Les cheminots aussi, notamment ceux du matériel et de l’équipement ont été touchés.

Nombreux sont nos camarades trop tôt disparus et c’est bien à l’employeur de réparer ce qu’il a fait subir à ses salariés.

Votre combat pour la reconnaissance du mal causé par l’amiante est juste, même s’il n’est pas encore gagné. Je vous remercie.

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